L’essentiel : La chute de cheveux saisonnière touche surtout septembre et octobre, dure 4 à 8 semaines et se corrige seule. Ce qui doit alerter, ce n’est pas la quantité mais la durée au-delà de trois mois et l’apparition d’une zone dégarnie. Avant d’acheter une cure, demandez un dosage de ferritine et de TSH : c’est le seul moyen de savoir si un complément vous servira à quelque chose.
Entre début septembre et fin octobre, la perte quotidienne de cheveux peut doubler ou tripler sans que rien d’anormal ne se produise. Le siphon se bouche, la queue de cheval perd un tour d’élastique, la brosse se remplit en trois passages. La difficulté n’est pas de constater la chute. C’est de savoir si elle rentre dans la case saisonnière ou pas.
La chute de cheveux d’automne démarre début septembre, culmine en octobre et dure 4 à 8 semaines. La perte passe de 50 à 100 cheveux par jour à 150 ou 300. Elle est réversible et ne laisse pas de zone dégarnie durable. Au-delà de trois mois, ou si le cuir chevelu devient visible par transparence, ce n’est plus une chute saisonnière.
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- Combien de cheveux on perd par jour, et à partir de quand c’est anormal
- Pourquoi ça tombe en septembre : le décalage de trois mois
- Chute saisonnière ou chute qui doit alerter : le tableau de tri
- Le bilan sanguin à demander avant d’acheter quoi que ce soit
- Ce qui vaut le coup en pharmacie, et ce qui n’y change rien
- Les six semaines qui viennent : ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Documenter avant d’agir
- Prendre le rendez-vous maintenant
- Les gestes qui limitent la casse
- Ne pas empiler les nouveautés
- Vos questions sur la chute de cheveux d’automne
- Combien de temps dure la chute de cheveux d’automne ?
- Est-ce que les cheveux repoussent après une chute saisonnière ?
- Faut-il prendre des compléments alimentaires pour la chute d’automne ?
- À partir de quand faut-il consulter pour une chute de cheveux ?
- Pourquoi ma chute est-elle plus forte que les années précédentes ?
Combien de cheveux on perd par jour, et à partir de quand c’est anormal
Le repère de base : 50 à 100 cheveux par jour toute l’année, sur une chevelure qui en compte environ 100 000. Pendant un pic saisonnier, ce chiffre monte à 150, parfois 300. Impressionnant à voir dans la douche, sans être inquiétant pour autant.
Personne ne compte ses cheveux. Le repère utile est ailleurs : le nombre de tours d’élastique nécessaires pour tenir une queue de cheval. S’il en faut un de plus qu’en juin, la densité a effectivement baissé. S’il en faut le même nombre, ce que vous voyez dans la brosse relève surtout de l’impression.
À savoir
Le test de traction, utilisé en consultation : prenez une mèche d’une cinquantaine de cheveux entre le pouce et l’index, tirez doucement du cuir chevelu vers la pointe. Plus de six cheveux qui viennent signent une chute active. Refaites-le sur trois zones différentes du crâne.

Pourquoi ça tombe en septembre : le décalage de trois mois
Le mécanisme est un effet retard. Pendant l’été, l’exposition au soleil, la chaleur, le sel et le chlore font basculer un gros lot de cheveux en phase de repos, dite télogène. Un cheveu en phase télogène ne tombe pas immédiatement : il reste accroché environ trois mois. Le lot bascule en juin-juillet, il tombe en septembre-octobre. Tous ensemble.
La baisse de luminosité joue aussi, en modifiant la sécrétion de mélatonine, hormone impliquée dans le cycle capillaire. Le stress de la rentrée s’ajoute par-dessus. Le nom médical de l’épisode est effluvium télogène aigu.
Deux éléments changent la perception du phénomène. La chute se voit davantage sur cheveux longs, fins ou déjà fragilisés par les colorations : même volume perdu, effet visuel doublé. Si vous cherchez à compenser visuellement en attendant la repousse, les coiffures mi-longues pour cheveux fins donnent plus de matière qu’une longueur uniforme.
Second élément, moins souvent dit : l’automne s’additionne à ce qui a précédé. Un post-partum de mai, un régime restrictif de juillet, une ménopause en cours, et la chute saisonnière tombe sur un terrain déjà entamé. L’intensité n’a plus rien à voir avec celle d’une année ordinaire.

Chute saisonnière ou chute qui doit alerter : le tableau de tri
Cinq critères permettent de trancher sans consultation. Chacun se vérifie chez soi, devant un miroir.
| Ce que vous observez | Chute saisonnière normale | Motif de consultation |
|---|---|---|
| Durée de la chute | 4 à 8 semaines, entre septembre et novembre, puis ralentissement net | Une chute qui dure plus de 3 mois sans amélioration |
| Répartition sur le crâne | Perte diffuse et homogène sur toute la tête | Une raie qui s’élargit, une zone dégarnie, un cuir chevelu visible par transparence |
| Aspect des cheveux tombés | Cheveux de longueur normale, avec un petit bulbe blanc à la base | Cheveux nettement plus fins et plus courts que le reste de la chevelure |
| État du cuir chevelu | Cuir chevelu normal, sans rougeur ni douleur | Rougeurs, squames, brûlure ou démangeaisons persistantes |
| Événement déclencheur | Aucun, hors changement de saison | Accouchement, régime, opération, infection, nouveau médicament dans les 2 à 6 mois précédents |
Sur la quatrième ligne, une précision utile : un cuir chevelu qui gratte n’est pas forcément lié à la chute, et il a ses propres causes. Nous les avons détaillées dans notre guide sur les démangeaisons du cuir chevelu.
Le bilan sanguin à demander avant d’acheter quoi que ce soit
Trois lignes suffisent, et votre médecin traitant peut les prescrire. Pas besoin de dermatologue pour ça, ce qui évite les six mois d’attente.
Le conseil de la rédac
Les trois dosages à demander : ferritine (réserves de fer), TSH (thyroïde) et NFS (numération). Ajoutez vitamine D et zinc si vous êtes végétarienne, si vous avez fait un régime récemment ou si la fatigue est installée depuis plusieurs mois.
Les seuils comptent autant que le dosage. Selon la Haute Autorité de Santé, une ferritine inférieure à 30 µg/L signe une carence chez la femme en âge de procréer, et inférieure à 100 µg/L chez la femme ménopausée. Plusieurs équipes de dermatologie retiennent un seuil plus strict, entre 40 et 70 µg/L, dès lors qu’il s’agit de traiter une chute capillaire. Autrement dit : une ferritine à 35 peut être jugée « normale » par un laboratoire et rester insuffisante pour vos cheveux.
Ce bilan est pris en charge. La cure de compléments que vous alliez acheter coûte entre 25 et 45 euros par mois, pour trois mois minimum. L’ordre logique est celui-là, et il est rarement respecté.

Ce qui vaut le coup en pharmacie, et ce qui n’y change rien
Commençons par ce que le rayon vend le plus. La biotine est l’argument marketing central de la quasi-totalité des cures cheveux. L’EFSA autorise l’allégation « contribue au maintien de cheveux normaux », ce qui explique sa présence partout. Mais les études de bon niveau de preuve ne montrent aucun bénéfice en l’absence de carence avérée, et ces carences sont rares. Une étude publiée dans le Journal of Clinical and Aesthetic Dermatology n’a pas retrouvé de différence significative entre patientes en effluvium télogène et témoins en bonne santé.
Une méta-analyse parue dans Dermatologic Therapy en 2019 (Almohanna et al.) recense cinq nutriments sérieusement documentés sur la chute de cheveux : le fer, la vitamine D, le zinc, le sélénium et les acides aminés soufrés. Tous fonctionnent sur le même principe. Ils corrigent un manque. Sans manque, il n’y a rien à corriger.
La kératine hydrolysée et le collagène marin, très présents dans les formules premium, n’ont pas de preuve robuste sur la repousse humaine. Le cheveu est fabriqué par le follicule à partir des acides aminés de l’alimentation, et rien ne démontre qu’un apport externe de kératine améliore cette fabrication.
Attention
Le minoxidil 2 % s’achète sans ordonnance et il est souvent proposé au comptoir. Son indication officielle est l’alopécie androgénétique, une chute d’origine hormonale : ce n’est pas le traitement d’une chute saisonnière. Il provoque en plus une aggravation temporaire de la chute en début de traitement, et son effet ne se juge qu’au bout de quatre mois. Sur un effluvium d’automne, vous risquez d’attribuer au produit une repousse qui serait arrivée seule.
Côté soins lavants, l’effet est réel mais modeste : un shampoing doux sans sulfates, une eau tiède plutôt que chaude, un espacement des lavages, moins de sèche-cheveux et de fer. On ne fait pas repousser un cheveu avec un shampoing, on limite la casse sur ceux qui restent. Le principe vaut pour toutes les textures, avec des produits différents selon la nature du cheveu : nos repères pour choisir ses produits selon la porosité s’appliquent aussi en période de chute.
Et le calendrier des résultats, rarement annoncé en rayon : comptez 6 à 8 semaines pour observer un ralentissement, et trois mois minimum pour juger d’un effet sur la densité. Un cheveu pousse d’environ un centimètre par mois.

Les six semaines qui viennent : ce que vous pouvez faire dès maintenant
Documenter avant d’agir
Prenez deux photos aujourd’hui : votre raie de face, et le sommet du crâne vu de dessus, à la lumière du jour. Datez-les. Refaites exactement les mêmes dans six semaines, même endroit, même heure. C’est le seul moyen fiable de savoir si la densité baisse vraiment ou si vous regardez juste vos cheveux avec plus d’attention que d’habitude. Si vous consultez, ces photos valent plus qu’une description.
Prendre le rendez-vous maintenant
Le délai moyen pour un rendez-vous chez un médecin traitant dépasse souvent deux semaines. Si vous appelez début septembre, vous avez les résultats du bilan mi-octobre, en plein pic. Si vous attendez de voir si ça passe, vous les aurez en décembre, quand la chute sera terminée de toute façon.
Les gestes qui limitent la casse
Peigne à dents larges sur cheveux humides, jamais de brosse. Élastiques en tissu, pas de queue de cheval serrée deux jours de suite. Protéines à chaque repas, y compris le petit-déjeuner, parce que le cheveu est fabriqué à partir d’acides aminés. Et un lavage de moins par semaine : le shampooing sec dépanne, à condition de ne pas remplacer plus de deux lavages hebdomadaires.
Ne pas empiler les nouveautés
Un seul changement à la fois. Si vous démarrez la même semaine une cure, une nouvelle lotion, un shampoing différent et un complément multivitaminé, vous ne saurez jamais ce qui a marché. Et vous rachèterez les quatre l’année prochaine.
À retenir
Une chute saisonnière ne se traite pas, elle s’accompagne. Ce qui change vraiment l’issue, c’est de corriger une carence si elle existe. D’où l’ordre : bilan d’abord, achat ensuite.

Vos questions sur la chute de cheveux d’automne
Combien de temps dure la chute de cheveux d’automne ?
Entre 4 et 8 semaines dans la grande majorité des cas, avec un démarrage début septembre et un pic en octobre. Certaines femmes observent un ralentissement dès la mi-novembre, d’autres jusqu’à début décembre. Au-delà de trois mois de chute continue, l’épisode n’est plus considéré comme saisonnier et justifie un avis médical.
Est-ce que les cheveux repoussent après une chute saisonnière ?
Oui. Le follicule reste vivant pendant un effluvium télogène, il se met simplement au repos avant de relancer un cycle. La repousse démarre dans les semaines qui suivent la fin de la chute, et la densité d’avant revient généralement en trois à six mois selon la Société Française de Dermatologie. Une chute saisonnière ne crée pas de zone dégarnie définitive.
Faut-il prendre des compléments alimentaires pour la chute d’automne ?
Uniquement si un bilan sanguin montre une carence. Le fer, la vitamine D et le zinc ont un intérêt démontré quand ils sont bas, aucun quand ils sont normaux. La biotine, pourtant l’argument principal de la plupart des cures, n’a pas montré de bénéfice en dehors d’un déficit avéré, qui reste rare.
À partir de quand faut-il consulter pour une chute de cheveux ?
Trois signaux justifient un rendez-vous sans attendre la fin de l’automne : une chute qui dépasse trois mois, une raie qui s’élargit ou un cuir chevelu visible par transparence, et des cheveux qui repoussent nettement plus fins qu’avant. Un cuir chevelu rouge, douloureux ou squameux relève également d’un avis dermatologique.
Pourquoi ma chute est-elle plus forte que les années précédentes ?
Souvent parce qu’un second facteur s’ajoute au facteur saisonnier. Un accouchement dans les six mois, un régime restrictif, une infection, l’arrêt d’une contraception, une ménopause en cours ou une carence en fer non corrigée aggravent l’épisode. C’est précisément la situation où le bilan sanguin apporte une réponse que l’observation ne donne pas.
Deux choses à faire cette semaine : la photo datée de votre raie, et l’ordonnance pour le bilan. Le reste peut attendre les résultats. Si en novembre la chute n’a pas ralenti, vous arriverez en consultation avec les chiffres déjà en main.








