Noces de mariage : le nom de chaque année et quoi offrir

Par Aïda B.
Lecture: 14 minutes
Mains couple amour alliances

L’essentiel : Chaque année de mariage porte le nom d’une matière : coton à 1 an, laine à 7 ans, porcelaine à 20 ans, argent à 25, or à 50. Le tableau complet année par année est juste en dessous. Et contrairement à ce qu’on lit partout, la tradition ne vient pas du jubilé de la reine Victoria : la première mention écrite des noces d’argent et d’or date de 1783.

Chaque année de mariage porte le nom d’une matière : coton pour un an, laine pour sept ans, porcelaine pour vingt ans, or pour cinquante. Cette liste, on la consulte en général deux jours avant la date, en se demandant quoi offrir.

Voici le tableau complet, ce que chaque matière raconte, et surtout l’origine de cette tradition, qui n’est pas du tout celle qu’on lit partout.

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Le tableau des noces de mariage, la liste complète par année

Années Nom des noces Années Nom des noces
1 an Coton, ou papier 26 ans Jade
2 ans Cuir 27 ans Acajou
3 ans Froment 28 ans Nickel
4 ans Cire, ou livre 29 ans Velours
5 ans Bois 30 ans Perle
6 ans Chypre, ou fer 31 ans Basane
7 ans Laine 32 ans Cuivre
8 ans Coquelicot 33 ans Porphyre
9 ans Faïence, ou vaisselle 34 ans Ambre
10 ans Étain 35 ans Rubis
11 ans Corail, ou acier 36 ans Mousseline
12 ans Soie 37 ans Papier
13 ans Muguet, ou dentelle 38 ans Mercure
14 ans Plomb, ou ivoire 39 ans Crêpe
15 ans Cristal 40 ans Émeraude
16 ans Saphir 41 ans Fer
17 ans Rose 42 ans Nacre
18 ans Turquoise 43 ans Flanelle
19 ans Cretonne 44 ans Topaze
20 ans Porcelaine 45 ans Vermeil
21 ans Opale 46 ans Lavande
22 ans Bronze 47 ans Cachemire
23 ans Béryl 48 ans Améthyste
24 ans Satin 49 ans Cèdre
25 ans Argent 50 ans Or

Au-delà de cinquante ans, seules les décennies se fêtent encore : les noces de diamant à soixante ans, de platine à soixante-dix, d’albâtre à soixante-quinze et de chêne à quatre-vingts. Certaines listes prolongent ensuite avec la cornaline, le grenat et la vanille, mais on entre là dans des anniversaires que presque aucun couple n’atteint.

Une remarque avant d’aller plus loin : les noms varient selon les régions et les sources, et plusieurs années admettent deux appellations. Si vous trouvez une autre matière ailleurs, ce n’est pas forcément une erreur.

Les noces des sept premières années

Ce sont celles qu’on cherche le plus, et ce n’est pas un hasard. La progression a un sens : on part de matières souples et fragiles, on va vers des matières qui résistent.

1 an, les noces de coton

Le coton se froisse, se déchire, s’use vite. La première année est celle de l’ajustement, celle où l’on découvre la vie commune pour de bon.

2 ans, les noces de cuir

Le cuir résiste mieux, mais il faut l’entretenir pour qu’il tienne. C’est l’idée de la deuxième année.

3 ans, les noces de froment

Le froment, c’est le blé. On est dans le registre de la récolte et de l’abondance, souvent associé à l’arrivée des enfants.

4 ans, les noces de cire

La cire fond à la chaleur et durcit en refroidissant. Elle prend la forme qu’on lui donne, comme un couple à ce stade.

5 ans, les noces de bois

Premier vrai cap. Le bois tient des décennies, il se patine au lieu de se dégrader. C’est l’un des anniversaires les plus fêtés.

6 ans, les noces de chypre

Celle-là surprend tout le monde. Le chypre n’est pas une matière mais un accord de parfum, construit autour de la bergamote, de la mousse de chêne et du patchouli. La seule noce olfactive de la liste.

7 ans, les noces de laine

Sept ans, c’est l’année dont on parle le plus, à cause de l’expression sur le fameux cap. Et la laine tombe plutôt bien : elle tient chaud, elle dure des années si on en prend soin, et elle se répare.

C’est aussi l’une des rares matières de la liste qu’on peut réellement offrir sans tomber dans le symbolique creux. Un plaid, un pull, une écharpe. Ou, dans un genre plus inattendu mais qui se garde tout aussi longtemps, des charentaises fabriquées en France, que l’on trouve aujourd’hui dans des tissus qui n’ont plus rien à voir avec le modèle beige d’autrefois.

 

Deux alliances anciennes posées sur un carnet manuscrit, lumière naturelle du matin
De coton à or, chaque année de mariage a sa matière.

De 8 à 20 ans de mariage

Cette deuxième tranche mélange les matières nobles et quelques curiosités. Les noces de coquelicot à huit ans font sourire, les noces de plomb à quatorze ans un peu moins.

Les années les moins connues, de 8 à 14 ans

Coquelicot, faïence, étain, corail, soie, muguet, plomb. C’est la séquence la plus hétéroclite du calendrier, et celle où les variantes sont les plus nombreuses : on parle aussi de noces de vaisselle à neuf ans, d’acier à onze, de dentelle à treize, d’ivoire à quatorze.

Les dix ans, noces d’étain, méritent une mention à part. C’est l’un des caps les plus fêtés, et l’étain a l’avantage de ne pas rouiller : un objet en étain traverse les générations sans s’altérer.

Le cap des 15 ans, les noces de cristal

C’est le basculement du calendrier. On passe des matières souples aux matières dures, et la symbolique change de nature : le couple entre dans quelque chose de plus solide, mais aussi de plus cassant. Le cristal est transparent, il ne cache rien.

De 16 à 20 ans, l’entrée dans les pierres

Saphir, rose, turquoise, cretonne, puis porcelaine. La cretonne des dix-neuf ans détonne au milieu des pierres : c’est une toile de coton épaisse utilisée en ameublement, associée au confort du foyer.

À vingt ans, les noces de porcelaine ferment la séquence. La porcelaine paraît fragile et résiste pourtant très bien au temps, à condition d’en prendre soin, ce qui en fait l’une des symboliques les mieux trouvées du calendrier.

De 21 à 50 ans de mariage

À partir de vingt et un ans, la liste bascule franchement du côté des pierres et des métaux : opale, bronze, béryl, jade, nickel. Les matières deviennent quasiment inaltérables, ce qui correspond assez bien à ce que représente un couple de trente ans.

Les 25 ans, noces d’argent

L’un des trois grands anniversaires historiquement documentés, et le premier que l’on fête vraiment en famille. La coutume germanique voulait qu’on offre au couple une couronne d’argent, ce qui a donné le nom.

C’est aussi l’un des rares caps du calendrier à porter le même nom dans toutes les traditions, ce qui en dit long sur son ancienneté.

Les 30 ans, noces de perle

La perle se forme lentement, par accumulation, autour d’un grain de sable qui gênait l’huître au départ. Difficile de trouver plus juste pour trois décennies de vie commune.

Entre 30 et 50 ans, la traversée

Les célébrations se font plus rares dans cette tranche, et pourtant chaque année porte bien un nom : basane, cuivre, porphyre, ambre, rubis, mousseline, papier, mercure, crêpe, puis l’émeraude des quarante ans.

La seconde moitié de la traversée alterne métaux et textiles, du fer des quarante et un ans au cèdre des quarante-neuf, avant d’arriver aux noces d’or. Les cinquante ans restent le cap le plus fêté après le mariage lui-même, souvent avec les enfants et les petits-enfants, et parfois avec un renouvellement de vœux.

Les grandes noces, au-delà de 50 ans

Après les noces d’or, chaque anniversaire devient un événement en soi. Les noces de diamant à soixante ans, de platine à soixante-dix, d’albâtre à soixante-quinze et de chêne à quatre-vingts.

Pourquoi le diamant a changé d’année

Voilà une précision qui contredit ce qu’on lit souvent. Dans la tradition documentée par les ethnologues, le diamant correspondait aux soixante-quinze ans de mariage, pas aux soixante. C’est l’usage contemporain qui l’a déplacé, sans doute parce que très peu de couples atteignent trois quarts de siècle ensemble.

À savoir

Si vous organisez une fête et que les invités ne sont pas d’accord sur le nom de l’année, c’est normal : les noces de diamant se sont déplacées de 75 à 60 ans au fil du XXe siècle. Les deux versions circulent encore.

La symbolique reste imparable : le diamant est le matériau le plus dur qui soit, et seul un autre diamant peut le rayer. À ce stade, seul le couple peut abîmer ce qu’il a construit.

Ce qui se fête après 60 ans

Les noces de platine à soixante-dix ans, l’albâtre à soixante-quinze, puis le chêne à quatre-vingts. Le chêne est intéressant : c’est une matière typiquement française, ajoutée au calendrier local comme le froment et la faïence.

Certaines listes vont encore plus loin, avec la cornaline à quatre-vingt-un ans, le grenat à quatre-vingt-deux et la vanille à quatre-vingt-trois. À ce stade, on est davantage dans la curiosité que dans une coutume réellement pratiquée.

Les noces par mois, une tradition récente

Vous croiserez de plus en plus de listes proposant une noce par mois pour la première année : noces de paillettes au premier mois, de rosée au deuxième, de plumes au troisième.

D’où sortent ces mini-noces

Autant le dire franchement, elles n’ont aucune racine traditionnelle. Elles sont apparues récemment, portées par des boutiques en ligne et par les réseaux sociaux, avec une logique commerciale assez visible : douze occasions d’offrir au lieu d’une.

Aucun ethnologue ne les documente, aucune source ancienne ne les mentionne. Elles sont à la tradition des noces ce que la fête des grands-mères est au calendrier : une invention marchande qui finit par s’installer dans les usages.

Faut-il les adopter

Ce qui ne les rend pas ridicules pour autant. Si l’idée vous plaît de marquer chaque mois de votre première année, faites-le, personne ne viendra vous contredire. Sachez simplement que vous n’êtes pas en train de perpétuer une coutume ancienne, et que rien ne vous oblige à acheter quoi que ce soit à chaque fois.

D’où vient vraiment la tradition des noces

L’histoire que tout le monde raconte

Presque tous les articles sur le sujet donnent la même origine : tout aurait commencé en 1897, quand la reine Victoria célébrait sa soixantième année de règne, ce qui aurait donné les noces de diamant.

C’est une belle histoire, elle a l’avantage d’être datée et de mettre une figure connue derrière la coutume. Elle circule depuis si longtemps qu’elle figure aujourd’hui en première position des résultats de recherche.

Ce que disent les sources

Sauf que cette version ne tient pas. La plus ancienne mention écrite connue des noces d’argent et des noces d’or figure dans un ouvrage de 1783 conservé à la Bibliothèque nationale de France, soit plus d’un siècle avant le jubilé de Victoria. La tradition existait donc bien avant, et elle n’est pas anglaise.

L’ethnologue Arnold Van Gennep, dans son Manuel de folklore français contemporain, ne documente d’ailleurs que trois grandes noces : l’argent à vingt-cinq ans, l’or à cinquante, le diamant à soixante-quinze. Tout le reste du calendrier, ces dizaines de matières intermédiaires, s’est ajouté beaucoup plus tard.

Un calendrier construit par couches

Une partie vient d’une coutume germanique où les couples recevaient une couronne d’argent à vingt-cinq ans de mariage et une couronne d’or à cinquante. Ce sont les deux noces les plus anciennes, et les seules qui soient partout identiques.

Le monde anglo-saxon a ensuite étoffé la liste, en y ajoutant le coton, le cuir, le bois, le cristal, la porcelaine. La France a repris cet ensemble et l’a complété avec ses propres matières, celles de son quotidien agricole et artisanal : le froment, la faïence, le chêne.

Pourquoi certaines années ont deux noms

Vous l’avez peut-être remarqué dans le tableau : plusieurs années admettent deux appellations. Coton ou papier pour un an, chypre ou fer pour six ans, faïence ou vaisselle pour neuf, corail ou acier pour onze, muguet ou dentelle pour treize, plomb ou ivoire pour quatorze.

Ces doublons sont la trace des différentes couches d’influence. Là où la version française a retenu une matière, la version anglo-saxonne en avait retenu une autre, et les deux ont survécu côte à côte. Aucune n’est plus légitime que l’autre.

Autrement dit, ce tableau que l’on consulte aujourd’hui n’est pas un héritage figé venu du fond des âges. C’est un empilement de plusieurs siècles et de plusieurs cultures, et il continue de bouger sous nos yeux, comme le montrent les noces mensuelles.

Quel cadeau offrir selon la matière de l’année

L’erreur que font la plupart des guides

C’est là que ça déraille souvent. Une grande partie des articles sur les noces sont écrits par des bijoutiers, ce qui donne un bijou pour les noces de coton, un bijou pour les noces de froment, un bijou pour les noces de laine. La matière de l’année devient un prétexte décoratif.

Or la tradition dit exactement l’inverse. Le cadeau doit être fait de la matière de l’année, ou au moins l’évoquer sincèrement. C’est tout l’intérêt de l’exercice : la contrainte oblige à chercher, et le cadeau raconte quelque chose.

Les matières textiles, les plus faciles

Coton, laine, soie, satin, velours, cretonne : le choix est large et souvent le plus juste, parce qu’on peut offrir quelque chose qui se porte et qui dure des années.

La laine se prête particulièrement bien à l’exercice. Quelques maisons françaises la travaillent encore selon des méthodes anciennes, comme Chausse Mouton qui fabrique ses charentaises en Dordogne au cousu retourné. Un objet qui traverse les années correspond mieux à l’idée d’un anniversaire de mariage qu’une décoration posée sur une étagère.

Les matières impossibles

Il y en a, et il faut le reconnaître : le plomb à quatorze ans, le nickel à vingt-huit, le béryl à vingt-trois. Personne n’a envie de recevoir du plomb.

Pour celles-là, jouez sur l’évocation plutôt que sur le premier degré. Une couleur, un objet dont la matière rappelle celle de l’année, ou simplement une expérience partagée qui portera le nom de la noce sans en porter la matière.

Le conseil de la rédac

Pour une matière impossible à offrir, prenez la couleur plutôt que la matière : le gris ardoise pour le plomb, le vert pâle pour le béryl. La référence reste lisible sur la carte, et le cadeau reste utilisable.

Les grandes années, et là le bijou reprend sa place

Argent, or, émeraude, rubis, diamant : à partir des vingt-cinq ans, la tradition désigne elle-même des matières précieuses. Le bijou redevient alors le cadeau logique, et non plus un raccourci commercial.

Questions fréquentes sur les noces de mariage

Quelles sont les noces de mariage année par année ?

Un an correspond aux noces de coton, deux ans au cuir, trois ans au froment, quatre ans à la cire, cinq ans au bois, six ans au chypre, sept ans à la laine, huit ans au coquelicot, neuf ans à la faïence, dix ans à l’étain. La progression se poursuit jusqu’aux noces de chêne à quatre-vingts ans, en passant par la porcelaine à vingt ans, l’argent à vingt-cinq, l’or à cinquante et le diamant à soixante.

Comment s’appellent les 7 ans de mariage ?

Les sept ans de mariage sont les noces de laine. La matière symbolise la chaleur et la protection, et rappelle qu’un lien s’entretient pour durer. C’est l’un des anniversaires les plus recherchés, en partie à cause de l’expression populaire sur le cap des sept ans.

Quel cadeau offrir pour les noces de laine ?

Tout ce qui est fait de laine et destiné à durer : un plaid, un pull, une écharpe, une paire de chaussons de qualité. La laine fait partie des rares matières du calendrier qu’on peut offrir au premier degré sans que ce soit artificiel, contrairement au plomb des quatorze ans ou au nickel des vingt-huit ans.

Quelle est l’origine des noces de mariage ?

Contrairement à ce qu’on lit souvent, elle ne remonte pas au jubilé de la reine Victoria en 1897. La plus ancienne mention écrite connue des noces d’argent et d’or figure dans un ouvrage de 1783 conservé à la Bibliothèque nationale de France. Arnold Van Gennep ne documente d’ailleurs que trois grandes noces dans le folklore français : argent, or et diamant.

Quel est le nom des noces à 20 ans de mariage ?

Vingt ans de mariage correspondent aux noces de porcelaine. La symbolique est l’une des plus justes du calendrier : la porcelaine paraît fragile mais résiste remarquablement au temps, à condition d’en prendre soin.

Les noces par mois existent-elles vraiment ?

Ce sont des créations récentes, sans racine traditionnelle. Les listes de noces mensuelles pour la première année sont apparues avec le commerce en ligne. Rien n’empêche de les adopter, mais elles ne relèvent pas de la coutume.

Que faire si les sources donnent des noms différents ?

C’est fréquent au-delà de trente ans, où les listes divergent selon les régions et les traditions. Les grandes noces font consensus partout : argent à vingt-cinq ans, or à cinquante, diamant à soixante. Pour les années intermédiaires, choisissez la version qui vous parle.