L’essentiel : Consultez quand la même dispute revient sans issue, après un événement qui bouscule le foyer (naissance, deuil, chômage) ou quand une décision vous paraît impossible à prendre à deux. Vous pouvez y aller seule, et gratuitement dans un EVARS. En cas de violences ou d’emprise, on ne consulte pas en couple : on se protège d’abord.
La formation de conseiller conjugal et familial est encadrée par l’arrêté du 3 décembre 2010 : 400 heures d’enseignement théorique et 80 heures de stage pratique. Son champ dépasse largement la crise de couple. Il couvre la relation à l’autre, la parentalité, la sexualité, la contraception et les conflits familiaux. Le conseiller écoute, aide à formuler ce qui coince et accompagne une décision, quelle qu’elle soit, sans la prendre à votre place.
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- Ce qu’un conseiller conjugal fait, et ce qu’il ne fait pas
- Les moments où consulter change quelque chose
- Quand c’est toujours la même dispute
- Après une naissance, un deuil, une perte d’emploi
- Quand le désir est devenu un sujet qu’on évite
- Avant de vous séparer, ou juste après
- Seule, sans votre partenaire
- Contraception, grossesse, IVG
- Quand ce n’est pas la bonne porte
- Où consulter, et à quel prix
- Avant de prendre rendez-vous
Ce qu’un conseiller conjugal fait, et ce qu’il ne fait pas
Il n’est ni psychologue ni médecin. Ce n’est pas un professionnel de santé réglementé, et ses séances ne sont pas remboursées par l’Assurance maladie. Il ne pose pas de diagnostic, ne prescrit rien et ne désigne pas qui a raison. Son travail consiste à faire circuler la parole, pour que chacun entende ce que l’autre dit vraiment, et pas ce qu’il redoute d’entendre.
Il est tenu au secret professionnel. L’accompagnement est en général plus court qu’une thérapie de couple, dont l’approche est plus psychothérapeutique et s’inscrit dans la durée. Pour une crise précise, un passage de vie ou une décision à prendre, c’est souvent le bon niveau d’aide. Pour des schémas anciens qui se rejouent dans toutes vos relations, une thérapie de couple au long cours sera plus adaptée.
Les moments où consulter change quelque chose
Quand c’est toujours la même dispute
Le signe le plus fiable n’est pas la fréquence des disputes, c’est leur répétition à l’identique. Les tâches ménagères, l’argent, la belle-famille, le téléphone à table : le sujet change peu, le scénario encore moins, et personne n’en sort avec une solution. Quand vous pouvez réciter la réplique de l’autre avant qu’il la prononce, un tiers devient utile. C’est vrai aussi quand le silence a remplacé les disputes et que certains sujets sont devenus intouchables.
Après une naissance, un deuil, une perte d’emploi
Les associations du secteur citent ces événements parmi les raisons les plus courantes de pousser la porte : l’arrivée d’un enfant, le chômage, un deuil, une maladie. Le couple ne va pas forcément mal. Il fonctionne simplement avec des règles qui ne collent plus à la nouvelle vie. Quelques séances suffisent parfois à redistribuer les rôles avant que la fatigue ne tourne à la rancune.
Quand le désir est devenu un sujet qu’on évite
Une sexualité qui s’est éteinte, un décalage de désir, une infidélité découverte ou avouée : le conseiller conjugal est formé à la vie affective et sexuelle, et il en parle sans gêne. Si la difficulté est d’abord physique (douleurs pendant les rapports, troubles de l’érection), il vous orientera vers un médecin ou un sexologue.
Avant de vous séparer, ou juste après
D’après l’association Familya, environ 425 000 couples se séparent chaque année en France, et une infime partie d’entre eux consulte avant de trancher. Le conseil conjugal ne cherche pas à sauver le couple à tout prix. Il aide à décider en connaissance de cause. Si la rupture est actée, il aide aussi à l’annoncer aux enfants et à préserver le lien de parents.
Pour organiser concrètement la séparation (résidence des enfants, pension, logement), c’est vers un médiateur familial qu’il faudra se tourner.
Seule, sans votre partenaire
C’est la situation la plus méconnue. Un partenaire qui refuse de venir n’est pas un obstacle. Vous pouvez consulter seule pour comprendre ce que vous vivez, clarifier ce que vous voulez ou préparer une conversation difficile. Les entretiens individuels font partie du métier, au même titre que les entretiens de couple ou de famille.

Contraception, grossesse, IVG
Le conseiller conjugal intervient aussi hors du couple. Avant une IVG, un entretien psychosocial est proposé à toutes les femmes. Il est obligatoire pour les mineures, d’après Santé.fr, et se déroule avec un professionnel qualifié en conseil conjugal et familial. Une grossesse imprévue, un désir d’enfant qui n’est pas partagé ou un choix de contraception à deux ont aussi leur place en consultation.
Quand ce n’est pas la bonne porte
Les violences changent tout. Coups, menaces, humiliations répétées, contrôle de l’argent ou des sorties, peur constante de la réaction de l’autre : il ne s’agit plus d’un conflit entre deux personnes à égalité. Un entretien à deux peut alors exposer davantage celle qui subit. En matière judiciaire, la médiation pénale est interdite dans les procédures de violences au sein du couple, et la médiation familiale y est fortement restreinte. La même logique vaut pour le conseil conjugal.
Attention
En cas de violences, le 3919 est gratuit et anonyme, et le 17 répond en cas de danger immédiat. Un conseiller conjugal peut vous recevoir seule, jamais face à un partenaire violent.
Si vous doutez de ce que vous vivez, les signes de l’emprise dans le couple aident à y voir plus clair. Pour le reste, le bon interlocuteur dépend de la nature du problème.
| Votre situation | Vers qui aller | Pourquoi |
|---|---|---|
| Disputes en boucle, crise, décision à prendre | Conseiller conjugal et familial | Accompagnement court, centré sur la relation |
| Anxiété, déprime, schémas qui se répètent | Psychologue, thérapeute de couple | Travail plus long, psychothérapeutique |
| Douleurs, troubles sexuels | Médecin, sexologue | Une cause physique est à écarter |
| Séparation à organiser | Médiateur familial | Accords concrets entre parents |
| Violences, emprise | 3919, associations spécialisées | La sécurité passe avant le dialogue |
Où consulter, et à quel prix
En libéral, les tarifs ne sont pas réglementés. Ils se situent le plus souvent entre 40 et 100 € la séance, selon la ville et l’expérience du praticien, sans remboursement par la Sécurité sociale. Demandez à votre mutuelle si elle prévoit une prise en charge, car rien n’est automatique. Beaucoup de conseillers reçoivent aussi en visio.
Il existe une option gratuite. Les Espaces vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS), qui ont remplacé les anciens établissements de conseil conjugal et familial, accueillent tous les publics, et le service y est anonyme et gratuit. Santé.fr en recense environ 150 sur le territoire. Les centres de santé sexuelle (ex-centres de planification) et les associations locales du Planning familial reçoivent aussi des conseillers. Pour le libéral, l’Association nationale des conseillers conjugaux et familiaux (ANCCEF) tient un annuaire.

Bon à savoir
S’installer comme « thérapeute de couple » n’est pas strictement encadré. Pour un conseiller conjugal, demandez s’il a suivi une formation conforme à l’arrêté de 2010 et s’il fait superviser sa pratique.
Avant de prendre rendez-vous
Trois choses à préparer, qui feront gagner une séance :
- la scène qui revient, décrite en deux lignes, avec ce que vous ressentez à ce moment-là plutôt que ce que l’autre a fait ;
- ce que vous attendez : réparer, comprendre, décider, ou simplement réussir à parler sans que tout dégénère ;
- le format : seule d’abord, ou à deux d’emblée. Les deux se font, et rien n’empêche de commencer seule puis de proposer à l’autre de vous rejoindre.
Au téléphone, posez deux questions : la formation suivie et le tarif d’une séance. Une réponse floue à la première suffit pour chercher ailleurs.








