Les peluches et leur roi " Teddy"

Le 25 mars 2012

Chaque année, il se vend plus de 13 millions de peluches en France.

L’objet transitionnel par excellence, la peluche séduit petits et grands. Certains sont prêts à dépenser des sommes astronomiques pour une pièce de collection.

Fabriqué en grande partie, 99%, en Chine à cause d’une main-d’œuvre bon marché, il serait impossible de produire ailleurs car cela coûterait 10 à 15 fois plus cher. En France, il reste l’usine Blanchet dans l’Indre. Celle-ci ne recherche naturellement pas à rivaliser avec les volumes chinois. Environ 10 000 peluches par an sortent de ses ateliers. L’effectif de cette petite entreprise a doublé de 6 à 12 employés grâce à de nouveaux contrats avec Dior et Disney et des clients célèbres. Un ministre a commandé pour le mariage présidentiel un énorme ours rouge avec « Carla et Nicolas » brodé sur ses pattes.

Les premières peluches n’étaient pas en fourrure mais en mohair-laine de chèvre angora-, rembourrées de copeaux de bois ou de paille. Aujourd’hui cela est remplacé par de la fibre synthétique. Pour les tissus cela varie du coton au polyester en passant par le Skaï et le velours. Il y a bien sûr les normes de sécurité européennes et françaises à respecter.

Ce sont les services des douanes qui contrôlent la marchandise dans des laboratoires de Marseille ou Lille. Là, les pauvres peluches subissent des traitements de tortures ; tests mécaniques et physiques pour éprouver la solidité des coutures, puis l’épreuve du feu et enfin, elles sont découpées en petits morceaux pour rechercher d’éventuels métaux lourds.

Le prix moyen d’une peluche est de 13 euros. La plus chère est l’ours créé pour le 125ème anniversaire du fabricant de peluches allemand Steiff, vendu pour 30 000 euros : fourrure de soie, yeux de saphirs et une truffe en or. Le record revient à un autre modèle de Steiff habillé par Louis Vuitton et vendu en salle de vente pour la « modique somme » de 305 000 euros.

En 1880, la couturière Margaret Steiff réalise la première peluche ; un éléphant. Quelques années plus tard suit le premier ours présenté à la foire du jouet de Leipzig en 1903.

Les commandes sont nombreuses notamment des USA où la même année, l’ours sera baptisé TEDDY BEAR en l’honneur du président américain Théodore Roosevelt surnommé Teddy par ses proches.

L’histoire dit que lors d’une chasse à l’ours tous les accompagnateurs du président avaient tué de nombreuses bêtes sauf le président. Voulant faire plaisir à celui-ci et lui évité la honte de rentrer bredouille, ils capturèrent un ours puis l’attachèrent à un arbre afin que le président puisse le tuer. Celui-ci refusa, trouvant cette manière de faire peu sportive et injuste. L’animal fut ainsi libéré. D’où l’expression « soft as a teddy bear » doux comme un ours teddy. La presse immortalisera « Teddy Bear ». Depuis avec l’accord présidentiel, les ours en peluche sont désormais vendus sous ce nom. Dès les années 20, l’ours devient le héros de livres pour enfants, dont le plus célèbre, Winnie l’ourson,

Un premier musée est dédié au teddy bear en Angleterre en 1984 et pour le 125ème de la marque Steiff un autre de plus de 24 000m2 a ouvert ses portes en 2005 en Allemagne.

Certains teddies sont aujourd’hui de vraies pièces de collection. Les passionnés de cette célèbre peluche se nomment des arctophiles.

Les trois dernières inventions dans la catégorie peluches sont : » les microbes, nos amis » en version grippe, peste noir, VIH. Des microbes et virus géants vendus avec leur fiche d’informations pour expliquer la maladie de façon ludique. Bon, je ne suis pas trop convaincue. Il y a aussi une nouveauté suédoise mais je doute qu’on ne la trouve chez IKEA, elle s’appelle PEE et POO (pipi, caca en français). Le but est d’apprendre la propreté aux tout-petits en jouant avec ces peluches. Là non plus je ne suis pas certaine de l’efficacité.

Au Japon, les séniors ne sont pas en leste avec des bébés phoques. Robots qui ont pour but de réagir aux commandes vocales, en sept langues, rien que ça ! Supposé améliorer le quotidien des personnes âgées, cette peluche recharge sa batterie grâce à sa tétine qu’on lui met en bouche avant d’aller dormir. Elu le robot le plus thérapeutique du monde par le Guinness Book of World Records.

Je sais déjà dès à présent ce que je vais offrir à ma grand-mère pour Noël sans oublier un petit virus pour mon neveu !