Blue Monday : pourquoi cette semaine est la plus dure de l’année pour le moral (et comment y résister sans se forcer)

Par Jasmine Mansouri
Lecture: 4 minutes
Femme assise près d’une fenêtre par temps gris, tasse chaude dans les mains, expression fatiguée et introspective, lumière naturelle froide
Cette semaine de janvier n’est pas « juste un coup de mou » : elle concentre fatigue, reprise et pression du nouveau départ.

La semaine, en janvier, où tout semble plus lourd.
Les réveils piquent, la motivation disparaît sans prévenir, l’humeur est en demi-teinte. Rien de dramatique, mais rien de fluide non plus. On avance, mais au ralenti. Et on se demande parfois ce qui cloche.

On l’a baptisée Blue Monday. Officiellement, ce serait le jour le plus déprimant de l’année. Officieusement, c’est surtout cette semaine-là qui pèse. Et si le concept fait débat, le ressenti, lui, est loin d’être imaginaire.

L’idée clé : ce n’est pas un jour précis qui est difficile, mais une accumulation. Fatigue, pression, reprise brutale… janvier concentre tout, au moment où l’énergie est la plus basse.

Main qui éteint un réveil au petit matin dans une chambre sombre, lumière d’hiver froide, ambiance de fatigue
Quand l’énergie est basse, la reprise semble deux fois plus lourde.

 

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Ce n’est pas « dans votre tête » : pourquoi cette semaine est objectivement difficile

Contrairement à ce que laisse entendre le terme Blue Monday, le malaise ne se concentre pas sur une date isolée. Il s’installe progressivement, souvent dès la mi-janvier. Une fatigue diffuse, plus mentale que physique, qui n’a rien d’un simple coup de blues.

Ce qui pèse en janvier Pourquoi ça impacte le moral
Fin des fêtes Chute émotionnelle après une période intense
Manque de lumière Impact direct sur l’énergie et l’humeur
Reprise brutale Aucune transition entre pause et obligations
Pression du « nouveau départ » Sentiment d’échec prématuré

La fin des fêtes : une retombée émotionnelle plus qu’un simple retour à la routine

Décembre est souvent intense. Trop, parfois. Repas, sollicitations, organisation familiale, charge mentale décuplée… puis, soudain, le calme. Les lumières disparaissent, l’agenda se resserre, et le quotidien reprend sans période tampon.

Ce contraste crée une retombée émotionnelle. Pas forcément de la tristesse franche, mais un manque. Moins de moments partagés, moins d’excitation, moins de chaleur symbolique. Le corps suit, l’esprit aussi.

Agenda ouvert, post-it et ordinateur sur une table de cuisine, objets du quotidien, ambiance de reprise et d’organisation
En janvier, tout redémarre d’un coup — et la charge mentale revient en première ligne

 

Pourquoi la pression de janvier tombe au pire moment

Janvier arrive avec son lot d’injonctions : reprendre le sport, mieux manger, être plus organisée, plus performante, plus sereine. Comme si l’année devait être réussie immédiatement.

Le problème, c’est que cette pression arrive quand l’énergie est au plus bas. Résultat : un sentiment diffus d’être déjà en retard. Pas parce que l’on a échoué, mais parce que l’on se compare à une version idéalisée de soi-même, totalement hors contexte.

Ce piège est courant : croire que le malaise vient d’un manque de volonté, alors qu’il vient surtout d’un excès de pression.

Blue Monday : un concept discutable, mais un ressenti bien réel

Mettons les choses au clair : le Blue Monday n’est pas une vérité scientifique. L’idée repose sur une équation popularisée il y a plusieurs années, largement critiquée depuis.

Mais si ce terme continue de circuler, ce n’est pas par hasard. Il met un mot sur quelque chose de flou, que beaucoup ressentent sans parvenir à l’exprimer. Il ne crée pas le malaise, il le révèle.

Pourquoi cette période touche particulièrement les femmes

Cette semaine de janvier est souvent plus éprouvante pour les femmes, non pas par fragilité, mais parce qu’elles portent encore majoritairement la charge mentale du quotidien.

Après les fêtes, tout repart d’un coup : travail, école, organisation familiale, logistique invisible. À cela s’ajoute l’injonction silencieuse à « bien gérer », sans montrer de fatigue. Ce décalage entre ce que l’on ressent et ce que l’on montre crée une lassitude profonde.

Plaid, livre ouvert et tasse de thé sur un canapé, lumière douce, ambiance cocooning apaisante à la maison
Pas besoin d’en faire plus : parfois, alléger et ralentir est la meilleure stratégie

 

Comment y résister sans se forcer à aller bien

Changer d’objectif : il ne s’agit pas d’aller mieux à tout prix, mais de traverser cette période sans s’épuiser davantage.

1) Arrêter de traiter janvier comme un mois de performance

Janvier n’est pas un sprint. C’est un sas. Reporter certaines résolutions n’est pas un échec, c’est une adaptation saine.

2) Introduire du ralenti, même en petite dose

Un soir sans obligations, un matin sans écrans, un moment non négociable pour soi. Ces micro-pauses ont un impact réel sur le moral.

3) Diminuer les injonctions, pas l’estime de soi

Être exigeante avec soi-même n’implique pas de se malmener. Cette semaine-là, tout ce qui n’est pas essentiel peut attendre.

4) Accepter que le moral soit fluctuant

Le plus fatigant, ce n’est pas d’aller moins bien. C’est de croire que l’on ne devrait pas. Reconnaître une baisse de régime permet souvent de la traverser plus sereinement.

À retenir : tenir cette semaine sans se juger, c’est déjà beaucoup. Et largement suffisant.

Femme de dos regardant dehors la ville par une fenêtre, ciel gris, ambiance calme et introspective, intérieur lumineux
Mettre des mots sur ce creux aide déjà à le traverser plus sereinement

 

Et après ? Penser janvier autrement

Cette période inconfortable peut aussi devenir un signal. Non pas pour tout changer, mais pour ajuster. Revoir son rythme, ses attentes, sa manière d’aborder l’année.

Le moral n’est pas une ligne droite. Janvier n’est qu’un passage. Pas une définition.