Comment faire progresser son enfant en été avant la rentrée prochaine

Par Myriam Dibayoko
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Lecture: 5 minutes
une maman fait les devoirs avec son enfant
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Chaque été, c’est la même rengaine. On rêve de glaces, de plages, de grasses mat’… mais une petite voix culpabilisante vient chuchoter : *“Et les révisions ? Et la rentrée ? Et s’il oublie tout ?”*.

Pas question de transformer les vacances en centre d’entraînement militaire, mais si on peut glisser un peu d’intelligence, de curiosité, de progression… sans qu’il s’en rende compte, c’est tout bénéf. L’idée ? Miser sur ce qui marche : le jeu, la surprise, la fierté de réussir sans avoir l’impression de bosser.

Voici ce que je mets en place (et qui fonctionne vraiment – même sur un enfant qui lève les yeux au ciel dès qu’il entend “cahier de vacances”).

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1. La lecture, mais version plaisir (pas punition)

Franchement, qui a encore envie de lire un vieux “Club des cinq” sous la contrainte ? Moi, je dis : on oublie la lecture scolaire, et on crée une bulle de lecture désirée. On choisit les bouquins ensemble, on les laisse traîner sur le canapé, on lit à voix haute si besoin, on commente, on rigole, on s’attache aux personnages.

Et puis, il y a ces pépites qui mélangent narration et exercices, genre un livre de vacances original et ludique. Pas le truc ringard à remplir à la va-vite, non : un bouquin bien foutu, drôle, avec des jeux qui font cogiter. On l’a testé l’an dernier, et devinez quoi ? Il a été terminé… avant le 15 août.

2. Des applis intelligentes (et pas débiles)

Oui, les enfants adorent les écrans. Et non, tous les écrans ne sont pas à bannir. Le secret ? Les bons outils. Un quart d’heure par jour avec les applis qu’il aime et qui stimulent le cerveau, c’est jackpot. Pas besoin d’en faire des tonnes, juste de quoi garder les neurones actifs.

Voici mes coups de cœur (et eux aussi les valident, c’est rare !) :

  • Khan Academy Kids : coloré, dynamique, super bien pensé pour les petits.
  • Scratch : apprendre à coder en construisant ses propres jeux. Hyper valorisant.
  • Duolingo : parfait pour les pré-ados en quête de défis – et moi aussi je m’y suis remise, ça fait un point commun.

Ce que je fais ? Un “planning de missions”, genre “5 jours = 1 médaille”, et ça les motive plus qu’un paquet de bonbons. (Bon, parfois, je donne les bonbons aussi.)

3. Les sorties qui font apprendre sans le dire

Plutôt que de hurler “allez, on révise !”, je balance un “et si on allait voir l’expo sur les momies égyptiennes ?”. Effet immédiat. Ils sautent dans leurs baskets et on file dans un musée. Parce que dans la vraie vie, apprendre c’est observer, manipuler, poser des questions bizarres et s’extasier devant un crâne de dinosaure.

Et après, dans le métro ou en voiture, on en discute. Mine de rien, c’est là que tout se fixe dans la tête : dans les souvenirs, les émotions, les petits détails qu’ils auront envie de raconter à mamie le soir-même.

Enfant lisant un livre pendant les vacances d'été, moment calme et propice à l’apprentissage

Un livre qui l’accroche, un coin lecture sympa, et bim : il lit sans râler. Miracle ? Non, stratégie.

4. Bouger, transpirer, courir, grimper : apprendre passe aussi par le corps

On l’oublie trop souvent, mais le cerveau adore quand le corps est en mouvement. Alors on sort. Tous les jours s’il faut. Même pour 30 minutes.

Les idées qui marchent à tous les coups ? Une carte au trésor dans le quartier (avec des vraies énigmes à résoudre), une course d’orientation dans le parc, ou même une “expédition nature” où l’on récolte des feuilles, des cailloux, des empreintes (et on les classe à la maison dans un carnet façon mini naturaliste).

Et vous seriez surprise de voir à quel point un simple ballon + quelques défis physiques + un chrono = apprentissage de la logique, de la coordination, du dépassement de soi. Pas besoin de manuel.

5. Laisser exploser sa créativité (spoiler : c’est très pédagogique)

Chez moi, j’ai toujours une boîte “fourre-tout créatif”. Des rouleaux de papier toilette, des feutres, de la colle, des bouts de tissu, des paillettes… et je leur lance un défi : “Fabrique une créature imaginaire qui vit dans la mer, et raconte son histoire”.

Résultat ? Ça découpe, ça colle, ça dessine, ça se chamaille sur le nom de la bestiole. Mais au final, on travaille l’imagination, le vocabulaire, la motricité fine, la narration. Et surtout : on rit. Et ça, c’est précieux.

La créativité, c’est aussi la musique, la cuisine, les petits spectacles de marionnettes faits maison. Pas besoin d’être prof d’arts plastiques pour réveiller un potentiel. Juste besoin de laisser faire, et de ne pas viser la perfection Instagram.

6. Petits scientifiques à la maison : on enfile les blouses !

Pas besoin d’avoir un labo pour faire de vraies expériences. Ici, on a un rituel “expé du mercredi”. Quelques ingrédients de cuisine, et c’est parti pour des éclats de rire et des “wouah !”.

Exemples testés et approuvés :

  • Le volcan en éruption : vinaigre + bicarbonate + colorant rouge.
  • Faire pousser un haricot dans du coton (et prendre une photo tous les jours).
  • Fabriquer un arc-en-ciel avec du lait, du liquide vaisselle et des colorants.

Et après chaque expérience, je leur demande : “Tu crois que ça marche comment ?”. Et je les laisse inventer leurs propres théories. L’objectif n’est pas d’avoir la bonne réponse, mais de les faire réfléchir. De les faire aimer chercher.

7. Et surtout : on lâche un peu prise (mais pas complètement)

L’été, c’est pas l’école bis. C’est une bulle. Et dans cette bulle, il y a de la place pour grandir autrement : par le jeu, la discussion, les projets, les silences aussi. Ce que j’ai compris avec le temps, c’est qu’un enfant qui se sent bien, libre, écouté, progresse naturellement.

Alors on fixe quelques rituels (15 min de lecture le matin, une sortie par semaine, une appli deux fois par semaine…) mais on n’en fait pas une dictature. On reste souple. On adapte. Parce que ce qui compte, ce n’est pas de cocher des cases, c’est de les voir évoluer avec plaisir.

Et si à la rentrée ils ont pris confiance, qu’ils sont curieux, qu’ils ont envie d’apprendre… alors c’est gagné.

 

Questions fréquentes

Comment éviter la perte des acquis scolaires pendant l’été ?

En proposant des activités ludiques et régulières : lecture plaisir, jeux éducatifs, projets scientifiques, sorties culturelles… L’important est de stimuler sans surcharger.

Faut-il forcer un enfant à faire des devoirs pendant les vacances ?

Non, mieux vaut proposer des rituels légers et bienveillants, sous forme de jeux ou de défis. L’objectif est de maintenir la curiosité, pas d’imposer une routine scolaire rigide.

Quelles sont les meilleures applis éducatives pour l’été ?

Parmi les plus efficaces : Khan Academy Kids, Scratch (pour coder), Duolingo (pour les langues). Courtes sessions, interface ludique et progression visible : les enfants adorent.

À quel rythme faire réviser son enfant pendant les vacances ?

Pas besoin de tout planifier : quelques minutes par jour suffisent, si elles sont bien choisies. Le secret, c’est la régularité douce, et surtout le plaisir partagé.