Poke Bowl : un sacré bol

Par Nadia Belkacem , le 7 janvier 2022
Poke Bowl : un sacré bol

Il a remporté un succès météorique : sain, frais, personnalisable à souhait, esthétique de surcroît, le poke bowl est devenu en moins de 5 ans le grand chouchou de la planète fooding et on ne compte plus ses déclinaisons. Au point qu’on croise désormais au détour du web l’expression « bowl food », comprenez à déguster dans un bol.

Bien le dire, mieux le connaître

On prononce « poké », oui oui, comme dans « pokémon ». Et non pas à l’anglaise, comme le «poke » des réseaux sociaux. Son origine ? Hawaï, où le mot « poke » signifie trancher, ou couper en travers. Le nom fait donc référence à la façon dont on découpe les ingrédients qui composent ce fameux bol : en fines tranches ou en petits dés.

Aux origines (très) lointaines de ce plat, il y a les pêcheurs locaux qui avaient pour habitude de casse-croûter au retour de mer avec, naturellement, leur pêche toute fraîche du jour. Agrémentée de ce que l’on trouvait à disposition. C’est dans les années 1970 que le Poke Bowl s’est popularisé dans la plupart des cuisines familiales hawaïennes, pour, au fil de années, conquérir le reste du pays (les Etats-Unis) en entrant par la grande porte : la Californie, voisine sur le Pacifique et toujours à la pointe des tendances.

Reste que le Poke Bowl est un met auquel les Hawaïens sont très attachés, un must de la gastronomie locale. Il se déguste en toutes circonstances, en famille, à l’apéritif, à la plage ou dans la rue. Et il compte de vrais puristes !

Un bol, mais de quoi ?

Etant à l’origine un plat modeste, il est également saisonnier et modulable selon les inspirations. Cependant, vous l’aurez compris, la base de sa composition est bien le poisson cru. Que l’on associe à des produits ultra-frais, donc locaux. C’est pourquoi sa composition peut (et doit) varier au gré des continents.

Si vous avez la chance de déguster un Poke Bowl à Honolulu, il sera vraisemblablement composé de thon rouge mariné au soja, agrémenté d’algues, d’oignons, de sésame, de gingembre et accompagné de noix de macadamia (ou de kuikui), d’avocat et de mangue. Une note fraîche et exotique à ravir les papilles et qui a fait son succès.

Plus proche de nous, si vous optez pour un Poke Bowl à Marseille (parce qu’en matière de poisson cru il vaut tout de même mieux être proche de la mer) il est probable que l’on vous propose d’autres bases de poisson, comme le saumon, ou encore différents produits de la mer : crevettes, crabe ou poulpe. Côté garniture, influence japonaise oblige, les occidentaux le mangent fréquemment sur un lit de riz à la manière d’un Shirashi et il n’est pas rare d’y trouver du chou en garniture.

Mais tout légume ou fruit frais, comme le concombre, le radis, l’ananas ou la pomme, y trouvera aisément sa place, et les recettes sont innombrables. De même que les sauces, qui ne font pas partie de la composition traditionnelle, et sont un ajout lié à la diffusion de ce plat à travers le monde.

De toutes les couleurs locales

On a dit : frais ! Et puisque c’est l’impératif à respecter, petit tour du monde du Poke Bowl en guise d’inspiration. Car, oui, c’est aussi très simple à concocter à la maison !

Au saumon

Le Norvégien : du saumon fumé, bien-sûr ! On l’accompagnera de quinoa, de radis et de pois verts et d’une aérienne mousseline de citron.

Le Japonais : saumon mariné à la sauce teriyaki sur un lit de riz vinaigré, accompagné d’oignons rouges, d’algues nori, et parfumé au gingembre confit, au sésame et à la coriandre.

Bienvenue au Ch’ti : le saumon de la mer du Nord se mariera à merveille avec des produits locaux comme les endives, la chicorée, la betterave rouge ou la jolie pomme de terre vitelotte toute mauve (cuite, bien-sûr).

Les carnivores

Très présent dans de nombreuses versions de Poke Bowls, le poulet y a trouvé sa place : caramélisé à la chinoise, frits ou mariné, il se décline à merveille au gré des bols et des envies.

Petit détour en Inde avec le Poke Bowl tandoori : des filets de poulet mariné au yaourt et épices tandoori, accompagnés de riz basmati, d’oignons rouges et d’un nan pour « saucer ».

A l’Italienne : on passe à la viande rouge avec un tartare de bœuf, de la crème d’artichaut, de la fregola sarde et des copeaux de parmesan.

Esprit vegan

Direction le Moyen-Orient, pour un bol 100 % végétal aux falafels et hoummos de betterave, accompagné de quinoa, avec un zest de sauce sésame-citron.

Le tofu ne sera pas en reste, on lui offrira une savoureuse marinade (à base de soja, de miel, d’huile de sésame et vinaigre de riz, avec coriandre, gingembre, ail et piment) avant de le faire griller et de l’accompagner de carottes râpées citronnées et d’émadames (fèves de soja).