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En chienneté – Bast La boîte à bulles

Par Sid-Ahmed Bachiri
Modifié le
Lecture: 2 minutes
Boite à bulles
© DepositPhotos

Boite à bulles
en chienneté



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Résumé de la BD « En chienneté – Bast La boîte à bulles » 

« Lorsque l’on proposa à Bast d’animer un atelier de dessin au quartier pour mineurs de la maison d’arrêt de Gradignan il ne connaissait rien au milieu carcéral, à ses codes, ses obligations. Il va découvrir cet univers si particulier qu’est la prison. C’est le récit de cette expérience qu’il nous livre dans cette bande dessinée. Un passage de l’autre côté des murs à la rencontre de gamins qui, à cause d’une erreur, ont perdu leur liberté. « 

Critique sur la BD « En chienneté – Bast La boîte à bulles »

Être « en chienneté c’est être traité comme un chien, c’est le sentiment d’un des jeunes qui participe aux ateliers de dessin. Une expression pour traduire le mal être de ceux qui ont perdu leur liberté avant même d’avoir le droit de voter.

On parle souvent de l’état déplorable des prisons françaises, moins des quartiers pour mineurs. C’est une facette de la réalité que je ne connaissais pas et l’album de Bast à un côté pédagogique très fort.
Il n’excuse pas ces jeunes, ne s’attarde pas sur les raisons de leur emprisonnement (il n’a d’ailleurs pas le droit de leur demander cette raison, cela fait partie des règles de la prison). Il se contente juste de retranscrire ces ateliers d’une heure trente où il a vu des adolescents jouer aux durs pour bien souvent cacher leur souffrance. Ces parenthèses dans leur détention où il a pu échanger un peu avec eux et leur offrir un peu d’évasion, une façon de rendre supportable la routine des journées sous les verrous.



Les comptes-rendus de ces séances où les échanges sont parfois drôles ou crus mais souvent touchants, sont agrémentés de données brutes qui permettent de bien se représenter la terrible situation des prisons françaises : surpopulation, manque de moyens, privatisation de certains centres.
Dans ce contexte on ne peut que féliciter ces animateurs qui permettent à ces jeunes de découvrir des activités qui peut-être leur permettront de rester dans le droit chemin. Même si leur travail est dur et parfois vain, les détenus changeant souvent et les groupes ne sont suivis que par des volontaires.

Le seul petit reproche que je ferais à cet album c’est sa mise en couleur en « nuance de verts », mais c’est là un détail qui n’enlève rien à l’intérêt de la lecture.

Sur un sujet difficile, Bast livre un très beau témoignage de son expérience d’animateur au cœur d’une prison. A la fois instructive et touchante cette BD offre un éclairage très juste sur les quartiers de détention pour mineurs.

Ma note : 8/10

David Rémack – Critique littéraire

« Article relu et corrigé par Virginie Bourquin de Passion Plume, notre partenaire correctrice ».

Source de l’image : La boîte à bulles