Le horla de Guillaume Sorel

Le 21 mai 2014
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Le horla de Guillaume Sorel

Jusqu’ici sa vie était tranquille dans sa maison en bord de Seine, en Normandie. Et soudain d’étranges phénomènes commencent à se produire. Une carafe d’eau sur la table de nuit qui se vide, une fleur cueillie par une main invisible. Mais surtout cette présence, surnaturelle, immatérielle qu’il nomme le Horla. Il sent peu à peu qu’elle prend possession de lui.

S’il quitte sa maison, ce pouvoir disparaît mais bien vite il se retrouve prisonnier de ses murs.

Du Horla ou de l’homme, un des deux doit périr.

Dans les dernières années de sa courte vie, Guy de Maupassant sombra peu à peu dans la folie, rongé par la paranoïa et la peur de la mort. C’est à cette époque qu’il écrira les récits fantastiques dont le Horla fait parti.

Guillaume Sorel s’empare de cette histoire pour la transposer en bande dessinée.

 

L’idée est excellente puisque ce récit est particulièrement adapté à une représentation graphique. Il donne vie au Horla, lui donne une présence et cela renforce encore plus la narration.

Cette histoire en BD devient presque une évidence, comme si le dessin et le texte étaient fait pour se compléter.

 

Après le déjà très bon Hôtel Particulier, Sorel continu sur la voie du fantastique, un sujet qu’il maîtrise à merveille, les ambiances qu’il parvient à décrire sont remarquables.

L’énorme point fort, comme souvent chez lui, ce sont les dessins et les couleurs. Les paysages sont splendides dans cette histoire, ils prennent une place à part. Mention spéciale à la représentation du Mont Saint Michel, bluffante de réalisme.

Je suis toujours un peu réticent à lire une bande dessinée adaptée d’un récit que j’ai déjà lu. J’ai déjà imaginé le personnage principal et l’action, et bien souvent la représentation qu’en fait le dessinateur est bien différente de la mienne.

Ce n’est pas la cas ici, Sorel parvient à s’approprier parfaitement cette œuvre, à lui donner vie. En lui appliquant sa patte et son style, dans une très belle édition de Rue de Sèvres

 

En s’emparant d’un récit devenu un classique, Guillaume Sorel prenait le risque de se confronter à son modèle. Il réussit pourtant, grâce à un dessin époustouflant, à donner une deuxième vie à ce texte. Son Horla est beau, prenant, angoissant. Une BD que l’on a envie de relire une deuxième fois juste pour le plaisir de contempler un peu plus les planches.

 

Ma note : 8,5/10

 

Crédits photos : Éditions Rue de Sèvres