Les grossesses à risque

Le 22 octobre 2016
grossesses à risques

grossesse risques 300x169 - Les grossesses à risqueDans les pays développés, avec les conditions actuelles de précaution et de sécurité, la quasi-totalité des grossesses se passe bien. Cependant, on ne peut être certain de cette bonne évolution… qu’après la naissance, avec mère et enfant en bonne santé. Aussi, pour mieux prévenir d’éventuels problèmes , et mieux y faire face, certaines grossesses font l’objet d’un suivi plus spécifique. Les grossesses à risque sont des grossesses pour lesquelles l’analyse du passé médical (exemple : hypertension artérielle), ou des grossesses antérieures (exemple : antécédent d’accouchements prématurés), ou encore l’apparition de certains signes d’alerte en cours de grossesse (exemple : apparition de contractions de l’utérus anormales) vont faire redouter des complications. Il s’agit donc de clignotants qui vont amener à prendre des précautions adaptées pour éviter la survenue d’un accident. Il faut noter cependant que certains accidents peuvent survenir sans aucun signe préalable.

Le diabète

grossesse diabete 300x200 - Les grossesses à risqueOn peut distinguer deux situations différentes vis-à-vis du diabète. Parfois, le diabète est connu, traité par un régime et des médicaments. Il est essentiel dans ce cas qu’un bon équilibre du diabète soit obtenu avant le début de grossesse, puis pendant toute sa durée. Il est préférable de parler de votre projet de grossesse avec votre médecin et de programmer cette grossesse pour bien adapter le traitement avant d’être enceinte. Le deuxième cas de figure concerne le diabète gestationnel, qui n’apparaît qu’en cours de grossesse. Il est dépisté grâce à un test réalisé au 6 e mois de grossesse. Dans les deux cas, le diabète peut être responsable de complications, comme par exemple, un enfant de poids important et plus fragile, qui pose des problèmes lors de l’accouchement du fait de son poids supérieur à 4 kg.

L’hypertension artérielle

hypertension grossesse 300x199 - Les grossesses à risqueL’hypertension peut être connue avant la grossesse. Il importe alors qu’elle soit bien maîtrisée avec des médicaments compatibles avec la grossesse.

Dans d’autres cas, cette hypertension va apparaître en cours de la grossesse. Lorsqu’elle est associée à la présence d’ albumine dans les urines, on parle de toxémie ou de pré-éclampsie. C’est l’un des objets de surveillance de la grossesse que de vérifier la tension ; en cas d’hypertension (tension artérielle qui atteint ou dépasse 14 de maximum, ou 9 de minimum, soit « 14/9 »), il faudra prendre des précautions pour éviter les complications qui peuvent être graves : enfant hypotrophe, c’est-à-dire de faible poids, ou accidents aigus tels que le décollement du placenta et l’éclampsie. Les complications de l’hypertension sont donc très graves pour la mère et l’enfant. Elles justifient une surveillance attentive de la tension artérielle et de l’albumine dans les urines pour toutes les grossesses.

L’épilepsie

Cette maladie est habituellement connue et fait l’objet d’un traitement. Si vous souffrez d’épilepsie, il faut parler de votre projet de grossesse à votre neuro- logue pour qu’il adapte le traitement et qu’il vous suive en collaboration avec l’obstétricien. Parmi les précautions, on demande à ces patientes de commencer, un mois avant la mise en route de leur grossesse, un traitement par de la vitamine B9 (acide folique 5 mg/jour) qu’il faudra poursuivre au 1 er trimestre de la grossesse. Ce traitement a pour objectif de diminuer le taux de malformations du système nerveux.

Les maladies cardiaques

Si une maladie cardiaque est connue et suivie, il importe de faire un bilan chez le cardiologue pour savoir quelles seront les précautions à prendre en cours de grossesse et d’accouchement.

Le fibrome utérin

Il s’agit d’une tumeur bénigne constituée de muscles semblables à l’utérus. Les fibromes sont plus fréquents avec l’avancée de l’âge. Dans l’ensemble, les fibromes ont un retentissement faible sur la grossesse. La complication la plus fréquente est l’apparition, au niveau du fibrome, de douleurs qui sont pénibles pour la femme mais sans gravité pour la grossesse.

L’exposition au DES (Distilbène)

Le Distilbène est une hormone qui a été prescrite en France entre 1950 et 1977 – mais surtout entre 1966 et 1972 – afin d’éviter les fausses couches.

On sait maintenant que ce traitement – qui s’est par ailleurs avéré inefficace – a entraîné, chez les femmes qui y ont été exposées durant leur vie , des anomalies de l’utérus. Celles-ci sont à l’origine de l’augmentation des complications relatives aux grossesses : grossesses extra-utérines, fausses couches – précoces et surtout tardives – et accouchements prématurés.

Les grossesses tardives (de plus de 38 ans)

Ces grossesses comportent un certain nombre de particularités : augmentation du taux de fausses couches précoces (voir tableau p. 100), augmentation du risque de trisomie 21 (pour lequel un dépistage est proposé), augmentation des cas d’hypertension artérielle et de diabète gestationnel.

On a observé également un taux d’accouchements prématurés légèrement augmenté et davantage de complications lors de l’accouchement, avec un recours plus fréquent à la césarienne. Aujourd’hui, avec une surveillance renforcée, ces grossesses ne sont plus considérées comme à haut risque pour l’enfant. En revanche, le risque est plus marqué pour la mère, surtout lors de l’accouchement.

Il faut rappeler que le principal risque, à partir de 40 ans, est celui de ne pas obtenir la grossesse désirée puisque la fertilité, qui diminue dès 35 ans, s’affaiblit sensiblement à partir de 40 ans, cela malgré les moyens médicaux actuels.

Le conseil suivant peut donc être donné : si votre âge avance et que les conditions sont réunies pour avoir un enfant, n’attendez pas !

Les grossesses gémellaires

grossesse jumeaux 300x200 - Les grossesses à risqueCes grossesses comportent principalement trois risques :

– risque de prématurité puisque, malgré les précautions, près de la moitié des jumeaux va naître prématurément ;

– risque d’hypertension (pré-éclampsie), qui doit être prise en charge ;

– risque d’hypotrophie, c’est-à-dire un faible poids d’un des enfants ou des deux (voir le chapitre « En cas de grossesse multiples »).